Presqu'île de Quiberon
La charpente supporte la couverture et reprend les efforts de vent, qui comptent ici parmi les plus élevés du littoral atlantique.
Fermes assemblées à tenons et mortaises, pannes, chevrons et contreventement forment un ouvrage qui se répare pièce par pièce. C'est le grand avantage de la charpente traditionnelle : une panne attaquée se moise ou se remplace sans toucher au reste, et une ferme affaiblie se renforce par des goussets. Sur le bâti ancien de la presqu'île, les sections sont souvent généreuses et le bois, mis en œuvre sec, a traversé un siècle sans faiblir.
Elle libère aussi le volume sous toiture, ce qui la rend précieuse dès qu'un aménagement de combles est envisagé. Le surcoût à la construction, de l'ordre du double par rapport à une fermette, se retrouve alors en surface habitable disponible.
Les fermettes sont des triangulations en bois de faible section, assemblées en usine par connecteurs métalliques à dents et posées tous les 60 à 90 centimètres. Elles sont économiques, rapides à poser et parfaitement calculées, mais elles remplissent tout le volume des combles de bois.
Toute modification est alors un calcul de structure et non un travail de menuiserie. Couper une entrait ou une diagonale sans reprise préalable met la toiture en danger : l'aménagement d'un comble à fermettes suppose la pose préalable d'une structure porteuse indépendante, portique ou poutres, avant toute dépose de bois.
Épicéa, sapin et douglas couvrent la structure courante, le chêne et le châtaignier les ouvrages traditionnels et les pièces apparentes. La classe d'emploi se déduit de l'exposition à l'humidité : classe deux pour une charpente sous couverture close, classe trois dès qu'elle est ventilée sur l'extérieur, classe quatre pour un bois en contact avec le sol.
Le douglas purgé d'aubier et le mélèze offrent une durabilité naturelle suffisante en classe trois sans traitement chimique, ce qui convient aux débords de toiture et aux charpentes apparentes des vérandas. Les résineux blancs, eux, demandent un traitement de préservation dont les coupes d'ajustage doivent être retraitées sur le chantier.
Capricornes des maisons et petites vrillettes s'attaquent respectivement à l'aubier des résineux et aux bois anciens ; leurs trous de sortie, de 3 à 10 millimètres, signalent une infestation déjà installée depuis plusieurs années. La mérule, champignon lignivore, se développe à l'abri de la lumière dans les bois humides et mal ventilés, situation que l'air du littoral rend plus fréquente qu'ailleurs.
Un examen visuel tous les 5 ans, en insistant sur les appuis de pannes dans la maçonnerie et sur les pieds de chevrons en égout, suffit à repérer les premiers signes. Une intervention précoce se limite à un traitement par injection et pulvérisation ; une intervention tardive impose le remplacement de pièces maîtresses et la dépose partielle de la couverture.
C'est le point critique en zone ventée, et celui que les reprises successives affaiblissent le plus souvent. Écharpes, liernes, contrefiches et ancrages en tête de mur constituent un système continu : supprimer une écharpe pour passer une gaine ou dégager un rangement revient à désolidariser l'ensemble.
Les ancrages sur la maçonnerie méritent une attention particulière. Une charpente correctement chevillée dans un mur sain ne se signale jamais ; une charpente simplement posée sur sa sablière se manifeste au premier coup de vent de sud-ouest, par des craquements puis par un déplacement d'ensemble de quelques centimètres qui décale toute la couverture.
Comptez de 60 à 120 euros le mètre carré de surface couverte pour une charpente à fermettes posée, et de 120 à 250 euros pour une charpente traditionnelle, selon les sections, l'essence et la complexité des croupes. Ces prix s'entendent hors couverture, hors isolation et hors levage.
En rénovation, les interventions se chiffrent à la pièce : 300 à 1 000 euros pour le moisage d'une panne, 2 000 à 5 000 euros pour le remplacement d'une ferme, et 15 à 30 euros le mètre carré pour un traitement curatif contre les insectes. La dépose et la repose partielle de la couverture s'ajoutent presque toujours à ces montants.
Calvez Breizh (Quiberon) : charpente, ossature bois et couverture, en construction neuve comme en rénovation.
Ronco (Carnac) : entreprise de construction et de rénovation depuis 1947, présente sur Carnac, Quiberon, Crac'h et Saint-Philibert, de la maçonnerie traditionnelle au travail de la pierre.
2P2M (Quiberon) : menuiserie et agencement, avec des ouvrages bois en neuf et en rénovation.
Les charpentiers de la presqu'île qui souhaitent figurer dans cette liste peuvent nous écrire.