Presqu'île de Quiberon
Sur la presqu'île, une toiture travaille sous un vent chargé de sel plusieurs mois par an : le choix des fixations y compte autant que celui de la couverture.
L'ardoise reste le matériau de couverture dominant dans le Morbihan, et les carrières d'Angers comme celles d'Espagne alimentent l'essentiel des chantiers. Elle se pose au crochet inox ou au clou cuivre sur un liteaunage dont le pureau se calcule à partir de la pente, de la longueur de rampant et de l'exposition. Une couverture correctement posée dépasse couramment 80 ans, et les réfections que l'on voit aujourd'hui portent le plus souvent sur des toitures des années trente à 50.
En bord de mer, la nuance du crochet décide de la durée de vie réelle. L'inox A2, courant à l'intérieur des terres, se pique en quelques années sous les embruns : l'A4, au molybdène, est la seule nuance à retenir sur le littoral. Une ardoise dont le crochet a cédé glisse, découvre le liteau et entraîne ses voisines au coup de vent suivant. Le surcoût d'une visserie et d'une clouterie adaptées se compte en dizaines d'euros sur un chantier de plusieurs milliers.
Le document technique applicable à l'ardoise classe le site en trois situations, de protégée à très exposée, et c'est la troisième qui s'applique à la presqu'île. Pour une même ardoise, la pente minimale admise passe ainsi de 22 à 30 degrés environ, et le recouvrement augmente de plusieurs centimètres. Poser une couverture au recouvrement de l'intérieur des terres sur une maison de Portivy revient à accepter des infiltrations par pluie battante dès la première tempête d'automne.
Rives, faîtages et arêtiers sont les lignes qui partent en premier, parce que c'est là que la dépression créée par le vent est la plus forte. Fixation mécanique systématique des ardoises de rive, closoirs ventilés en faîtage plutôt que scellement plein au mortier, et contrôle visuel après chaque coup de vent important suffisent à éviter la grande majorité des sinistres.
Le zinc couvre les parties de toiture que l'ardoise ne peut pas traiter : noues, chéneaux, gouttières, solins contre un mur, habillage de lucarne et petits appentis à faible pente. Posé en tasseaux ou à joint debout, il accepte des pentes de 5 degrés là où l'ardoise en demande plus de 20. Son épaisseur courante est de 65 à 8 dixièmes de millimètre, et sa dilatation impose des pattes à coulisse tous les deux mètres environ.
Une règle absolue gouverne ces ouvrages : zinc et cuivre ne se rencontrent jamais dans un même écoulement. L'eau qui a ruisselé sur du cuivre perce une gouttière en zinc située en aval en quelques saisons, par corrosion galvanique. Le même raisonnement vaut pour les fixations, qui se choisissent dans le métal de l'ouvrage ou en inox.
Une toiture doit être balayée par un flux d'air continu entre l'écran de sous-toiture et la couverture, avec une entrée basse en égout et une sortie haute en faîtage. La section libre recommandée est de l'ordre du millième de la surface de rampant à chaque extrémité, ce qui représente peu de chose mais ne souffre aucune obstruction. Un closoir bouché par un nid ou une mousse suffit à supprimer le tirage.
Sans ce balayage, la vapeur d'eau qui traverse le plafond condense sur la face froide de l'écran et retombe dans l'isolant. Le désordre est lent, invisible pendant 2 ou 3 ans, puis se manifeste par des taches au plafond et un isolant tassé qui ne joue plus son rôle. Dans un climat où l'humidité extérieure reste élevée toute l'année, la ventilation de la couverture n'est pas un détail d'exécution.
L'humidité permanente et la douceur des hivers favorisent mousses et lichens, en particulier sur les versants nord et sous les arbres. La mousse retient l'eau contre l'ardoise, soulève les éléments par gel et obstrue les chéneaux. Un nettoyage tous les 5 à 10 ans, suivi d'un traitement rémanent appliqué au pulvérisateur basse pression, maintient la toiture en état.
Le nettoyeur haute pression est à proscrire sur l'ardoise : il décape la surface, ouvre les feuillets et fait entrer l'eau sous les éléments. Les entreprises sérieuses travaillent au grattage manuel puis au produit, et refusent la haute pression sur ce type de couverture. Sur une toiture ancienne, le démoussage s'accompagne toujours d'un remplacement des ardoises fendues repérées à cette occasion.
Une réfection complète en ardoise naturelle se situe entre 100 et 124 euros le mètre carré, fourniture et pose comprises, hors reprise de charpente et hors échafaudage. L'échafaudage représente à lui seul 15 à 30 euros le mètre carré de toiture selon la hauteur et l'accessibilité, ce qui pèse lourd sur les maisons de bourg aux rues étroites.
Les interventions ponctuelles se chiffrent différemment : comptez de 10 à 20 euros le mètre carré pour un démoussage avec traitement, de 40 à 80 euros le mètre linéaire pour une gouttière en zinc, et de 300 à 800 euros pour la reprise d'un solin ou d'une souche de cheminée. Les travaux de couverture relèvent de la garantie décennale, dont l'attestation se demande avant le début du chantier.
Calvez Breizh (Quiberon) : charpente, couverture et ossature bois, en neuf comme en rénovation, avec plus de 20 ans d'activité sur le secteur.
Richard Courteille (Saint-Pierre-Quiberon) : entreprise de couverture intervenant sur la presqu'île.
Le Moing Dominique : couverture en ardoise et en zinc, avec une activité de bardage.
Quidu Couverture (zone artisanale de Lann Velin) : travaux de couverture sur le secteur de la presqu'île.
Les couvreurs de la presqu'île qui souhaitent figurer dans cette liste peuvent nous écrire.